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Donation entre frère et sœur coûte-t-elle si cher ?

Par Didier Lombard4 min
Frère et sœur avec un conseiller autour d’un dossier de donation
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Donner de l’argent, un appartement ou une quote-part de maison à son frère ou à sa sœur peut répondre à une situation familiale très concrète. Le coût fiscal surprend souvent : une donation entre frères et sœurs n’est pas traitée comme une transmission à un enfant. Avant de promettre un montant ou de signer un acte, il faut chiffrer ce qui restera réellement au bénéficiaire.

Le point de départ est le lien de parenté, puis la valeur exacte de ce qui est donné et les donations déjà réalisées entre les mêmes personnes. Une donation immobilière ajoute aussi une étape notariale et une estimation défendable du bien. L’intention généreuse ne corrige pas un calcul fait trop vite.

Un abattement limité, puis une taxation élevée

Pour une donation à un frère ou à une sœur, Service-Public indique un abattement de 15 932 €. Il s’apprécie entre un même donateur et un même bénéficiaire sur une période de quinze ans. Il faut donc vérifier les dons déjà déclarés, même s’ils remontent à plusieurs années.

Après cet abattement, le barème applicable est de 35 % jusqu’à 24 430 € de part taxable, puis de 45 % au-delà. Ce niveau n’a rien à voir avec le barème en ligne directe, celui qui concerne notamment parents et enfants. Confondre les deux donne une simulation beaucoup trop optimiste.

Exemple simple : pour une donation de 50 000 € entre une sœur et son frère, la base taxable est de 34 068 € si aucun abattement n’a déjà été consommé. Service-Public chiffre les droits à 12 887 € dans cette situation. Cet exemple ne remplace pas le calcul d’un notaire, mais il montre pourquoi le montant annoncé et le montant reçu peuvent s’écarter vite.

Ce qui doit être vérifié avant de fixer le montant

Le montant donné n’est que la première ligne du dossier. Pour un bien immobilier, la valeur déclarée doit correspondre à sa valeur vénale au jour de la donation. Une sous-évaluation peut être contestée par l’administration. Une estimation locale étayée et les éléments transmis au notaire évitent de bâtir l’opération sur un chiffre de convenance.

Il faut aussi distinguer le bien transmis et la façon de le transmettre. Donner la pleine propriété d’un appartement, une quote-part indivise ou la nue-propriété ne produit pas le même effet pour le donateur ni pour le bénéficiaire. Une donation avec réserve d’usufruit peut préserver l’usage ou les loyers pour le donateur, mais elle oblige à cadrer les droits de chacun, les charges et la revente future. Le site explique déjà qui assume la taxe foncière en cas d’usufruit, un sujet à régler dans l’acte plutôt qu’au premier avis d’impôt.

Les donations antérieures comptent également. L’administration fiscale rappelle que les abattements et les tranches déjà utilisées sur les quinze dernières années influencent le calcul suivant. Un don en plusieurs fois ne rend donc pas automatiquement chaque versement moins imposé.

Ne pas compter sur les exonérations pensées pour les descendants

Le don familial de somme d’argent exonéré, plafonné sous conditions, vise les enfants, petits-enfants, arrière-petits-enfants et certains neveux ou nièces. Un frère ou une sœur ne figure pas parmi les bénéficiaires ordinaires de ce dispositif. Il serait donc risqué de présenter ce mécanisme comme une solution standard pour une fratrie.

Une personne en situation de handicap peut bénéficier d’un abattement spécifique qui se cumule, sous conditions, avec l’abattement lié à la parenté. Les critères ne reposent pas sur une simple déclaration familiale. Ils doivent être documentés. impots.gouv.fr précise les règles de parenté, d’abattement et de calcul, y compris lorsque des donations antérieures existent.

Le donateur peut prendre les droits à sa charge, mais cela doit être chiffré avec le notaire avant l’acte. Ce choix change la trésorerie à mobiliser. Il ne transforme pas une donation entre frère et sœur en transmission exonérée.

Préparer le rendez-vous notarial avec les bons chiffres

Avant le rendez-vous, réunissez la liste précise de ce qui serait transmis, les précédents actes de donation, les évaluations disponibles et le projet réel du bénéficiaire. S’il s’agit d’un logement, vérifiez aussi s’il est occupé, financé, détenu à plusieurs ou concerné par un usufruit. Notre dossier sur la donation-partage rappelle pourquoi la forme de transmission compte autant que le montant, même si elle répond à une autre situation familiale.

Une donation entre frère et sœur peut être cohérente pour aider un proche ou rééquilibrer un patrimoine. Elle mérite une simulation complète avant toute promesse : valeur du bien, historique des dons, droits, frais d’acte et conséquence pour le reste de la succession. Si le budget ne tient qu’en oubliant les droits, il vaut mieux revoir le montant ou le calendrier avant de signer.

Bonjour, je m’appelle Didier et j’ai 39 ans. Passionné par la finance, l’immobilier et les cryptomonnaies, j’aime partager des bons plans et des astuces pour économiser de l’argent. Bienvenue sur mon site où vous trouverez de précieux conseils pour optimiser vos finances.