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L’usufruit peut-il protéger un concubin du logement ?

Par Didier Lombard5 min
Couple et conseiller examinant une transmission immobilière
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Vivre ensemble ne crée pas les mêmes droits que le mariage ou le Pacs. Quand un couple non marié occupe un logement détenu par l’un des deux, le décès du propriétaire peut laisser le survivant face à une question brutale : peut-il rester dans les lieux, et à quelles conditions ?

L’usufruit peut faire partie de la réponse, mais il ne se décrète pas après coup. Il doit être prévu dans un acte adapté, avec le notaire, et chiffré avec le reste de la transmission. Un montage qui protège le logement peut aussi alourdir la fiscalité ou réduire ce qui revient aux autres héritiers.

Le concubin n’hérite pas automatiquement

Le site Service-Public sur le concubinage rappelle que l’union libre ne donne pas de droit successoral automatique. Sans disposition prévue par le propriétaire, le concubin survivant n’est pas héritier. Les enfants, parents ou autres héritiers du défunt peuvent donc recueillir le bien selon les règles de succession.

Cette situation mérite d’être regardée avant l’achat, surtout lorsqu’un apport ou des travaux sont financés à deux alors que le titre de propriété ne porte qu’un seul nom. Payer une partie du crédit ou de la rénovation ne donne pas, à lui seul, un droit d’usage viager sur le logement.

Le premier document à relire reste l’acte d’acquisition : qui est propriétaire, à quelle quote-part, et existe-t-il une indivision ? Un couple qui achète ensemble n’a pas le même risque qu’un couple dont un seul membre possède le logement. Dans les deux cas, un notaire peut vérifier ce qui se passe si l’un décède ou si le couple se sépare.

Ce que l’usufruit peut réellement prévoir

L’usufruit donne le droit d’utiliser un bien et d’en percevoir les revenus. Appliqué à une maison ou à un appartement, il peut permettre au bénéficiaire d’y habiter ou de le louer pendant la durée prévue. La nue-propriété reste alors entre les mains d’autres personnes, souvent les enfants.

Un propriétaire peut notamment envisager un legs d’usufruit par testament. L’idée est simple : les héritiers reçoivent la nue-propriété et le concubin reçoit un droit d’usage ou de revenus. Mais le testament doit être cohérent avec la réserve héréditaire. Lorsqu’il y a des enfants, le propriétaire ne peut pas transmettre librement la totalité de son patrimoine. Le notaire doit donc vérifier la quotité disponible et la valeur économique de l’usufruit.

Le droit d’usage et d’habitation peut être une autre piste, plus étroite qu’un usufruit. Il protège l’occupation du logement mais ne donne pas nécessairement la même liberté de location. Ce choix dépend du but réel : garantir un toit au survivant, lui donner un revenu locatif, ou organiser une transmission aux enfants.

La fiscalité peut changer le bon scénario

Un concubin non marié est, en principe, taxé comme une personne sans lien de parenté lorsqu’il reçoit un legs. L’usufruit n’efface donc pas la question des droits de succession. Son coût dépend de la valeur du droit transmis, elle-même liée notamment à l’âge de l’usufruitier, et du barème applicable.

Le Pacs change une partie de l’équation fiscale, mais il ne transforme pas le partenaire en héritier automatique. Le rappel officiel sur le décès d’un partenaire de Pacs précise qu’un testament reste nécessaire pour transmettre au partenaire. Le couple doit donc comparer les effets civils et fiscaux de chaque statut avant de signer un acte.

La donation entre époux, souvent appelée donation au dernier vivant, n’est pas une solution ouverte à des concubins. Elle concerne les personnes mariées. Présenter ce dispositif comme un raccourci pour tous les couples serait faux et pourrait conduire à une mauvaise décision patrimoniale.

Les points à faire vérifier avant de signer

  • La propriété du logement : propriété unique, indivision, SCI ou démembrement déjà en place.
  • La présence d’enfants, d’un précédent mariage ou d’héritiers à protéger.
  • Le besoin concret du survivant : habiter, louer, vendre ou conserver le bien quelques années.
  • La valeur du logement, la valeur de l’usufruit et le coût fiscal estimé.
  • Les effets d’une séparation, car une protection prévue pour le décès peut devenir inadaptée si le couple se quitte.

Le sujet rejoint celui de la taxe foncière en cas d’usufruit : sécuriser l’occupation du bien ne règle pas automatiquement la répartition des charges. Pour une vente avant l’extinction de l’usufruit, il faut aussi anticiper l’accord des titulaires de droits, comme dans notre point sur la vente avant le décès de l’usufruitier.

La bonne décision consiste à partir de la situation familiale et du logement réel, puis à faire chiffrer plusieurs options. Un usufruit peut protéger un concubin, mais seulement si le droit transmis, la fiscalité et les droits des héritiers tiennent dans le même acte.

Bonjour, je m’appelle Didier et j’ai 39 ans. Passionné par la finance, l’immobilier et les cryptomonnaies, j’aime partager des bons plans et des astuces pour économiser de l’argent. Bienvenue sur mon site où vous trouverez de précieux conseils pour optimiser vos finances.