Lyon · Fiscalité · Patrimoine
Défiscalisation LyonInvestir à Lyon et sa périphérie

Usufruit et succession peuvent-ils changer les droits ?

Usufruit, nue-propriété et succession : qui paie les droits, qui signe la vente et quel calendrier vérifier après un décès ?

Table avec une clé et un dossier de propriété lors d'une succession

Au décès d’un parent, la maison peut rester occupée par le conjoint survivant tandis que les enfants détiennent la nue-propriété. Au rendez-vous chez le notaire, la question arrive vite : faut-il vendre, qui doit signer et quels droits de succession restent à payer ?

Un usufruit ne crée pas une facture fiscale unique pour toute la famille. Il faut d’abord identifier les droits reçus par chacun, la situation du conjoint et le moment où l’usufruit rejoint la nue-propriété.

Usufruit et succession ne donnent pas les mêmes droits

L’usufruit permet d’utiliser le bien et d’en percevoir les revenus. Le nu-propriétaire détient le droit de disposer du bien, notamment pour une vente. Service-Public rappelle que la pleine propriété réunit ces deux droits et que leur valeur fiscale dépend notamment de l’âge de l’usufruitier. Le fonctionnement de l’usufruit et le barème fiscal de l’usufruit et de la nue-propriété permettent de poser le cadre avant le calcul.

Lorsque l’usufruitier décède, l’usufruit s’éteint en principe et la nue-propriété rejoint la pleine propriété. Le décès ne crée donc pas automatiquement une nouvelle donation. En revanche, plusieurs enfants peuvent devenir propriétaires en indivision, chacun pour sa part successorale. La vente du logement suppose alors l’accord de tous les propriétaires concernés.

La situation change si le conjoint survivant conserve l’usufruit après le premier décès. Les enfants restent nus-propriétaires et le conjoint peut continuer à occuper le logement ou à en percevoir les revenus. Une vente de la pleine propriété demande l’accord des titulaires de l’usufruit et de la nue-propriété. Le conjoint peut aussi, dans certains cas, demander une conversion de son usufruit en rente viagère ou en capital, selon les règles rappelées par Service-Public.

Qui paie les droits de succession ?

Les droits ne sont pas déterminés par le seul mot « usufruit ». L’administration regarde la part recueillie par chaque héritier, son lien avec le défunt, les abattements disponibles et la valeur fiscale des droits transmis. Le paiement des droits de succession concerne les héritiers ou légataires qui ne bénéficient pas d’une exonération.

Le conjoint survivant et le partenaire de Pacs sont exonérés de droits de succession. Les enfants, eux, appliquent l’abattement et le barème correspondant à leur lien avec le défunt. Lorsque la succession comporte un bien en nue-propriété, le paiement peut être différé dans certaines conditions. Service-Public précise que ce dispositif prend notamment fin six mois après la réunion de l’usufruit à la nue-propriété, par exemple après le décès de l’usufruitier, ou en cas de vente de la nue-propriété ou du bien.

  • Le conjoint survivant doit vérifier s’il reçoit un usufruit, une pleine propriété ou un droit d’usage.
  • Chaque enfant doit connaître la valeur fiscale de son droit et les donations déjà prises en compte sur la période de quinze ans.
  • La famille doit distinguer les droits dus par chacun de la solidarité entre héritiers pour le paiement réclamé par l’administration.

Les héritiers sont en principe solidaires du paiement des droits. Le fisc peut donc réclamer la totalité de la somme à un seul d’entre eux, qui pourra ensuite demander aux autres leur part. Cette solidarité ne s’applique pas à une personne exonérée. Le montant final dépend donc autant de la composition familiale que de la valeur du logement.

Vendre le bien sans mélanger succession et démembrement

Avant de mettre le logement en vente, réunissez l’acte qui a créé le démembrement, l’attestation immobilière établie après le décès, les actes de donation antérieurs et l’estimation actuelle du bien. Le notaire vérifie ainsi qui peut signer, quelle part appartient à chaque héritier et si un paiement différé ou une dette fiscale doit encore être traité.

Si l’usufruit a pris fin, les nus-propriétaires devenus pleins propriétaires décident ensemble de la vente. Si l’usufruit existe encore, aucun titulaire ne peut vendre seul la pleine propriété. Un accord peut prévoir la vente conjointe et la répartition du prix, mais cette répartition doit être validée dans l’acte. Le barème fiscal sert à évaluer des droits dans certains calculs ; il ne remplace pas l’accord des titulaires ni l’analyse du dossier par le notaire.

Cette vérification rejoint la préparation d’une donation de maison avec usufruit conservé. Elle complète aussi le calcul d’une transmission immobilière avant la succession, surtout lorsque plusieurs enfants doivent recevoir des droits différents.

Le point à trancher avant toute promesse de vente est simple : l’usufruit existe-t-il encore, et qui détient la nue-propriété ? La réponse détermine les signatures nécessaires, la valeur des droits et le calendrier fiscal.

Information générale. Ce guide explique un mécanisme ; il ne constitue pas un conseil personnalisé. Pour votre situation, rapprochez-vous d’un notaire, d’un avocat fiscaliste ou d’un conseiller en gestion de patrimoine. À propos du site.

À lire ensuite

Pour aller plus loin

Toute la rubrique Investissements